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  • Plus ou moins futile

L'amazonie brûle...

Et pendant ce temps là, la vie continue… Enfin, nos vies d’humains à l’autre bout de l’amazonie…

On a beau être concerné de près par l’écologie, faire notre “part du colibri”, à signer des pétitions, manger bio, être en zéro déchet, avoir arrêté l’huile de palme depuis super longtemps, relayé les problématiques de plastiques dans les cachalots sur les réseaux sociaux, acheter étique, consommer responsable… on ne sauvera pas la planète.


Je pense et affirme que le monde s’éveille, que les consciences évoluent, que les gens changent leurs pratiques, mais j’ai l’impression d’avoir céder à la facilité du monde des bisounours, avec des gens autour de moi qui pensent comme moi qui me bercent dans mon optimisme illusionnel.


J’ai longtemps refusé de céder à l’écoanxiété, à la panique du “si on y arrivait pas”, en me disant que j’alimentais une énergie de pensées négatives qui créait une réalité de plus en plus noire. Je redoublais d’effort dans mon quotidien, en boycottant les grandes surfaces, en privilégiant le local, en supprimant les plastiques, en cotisant à Greenpeace, en éduquant mes enfants à tout ça…


Et puis l’amazonie crame. Et j’oscille entre la colère, la révolte, le désespoir, l’envie de créer une initiative “plantons des arbres” et la résignation. En colère contre cette politique mondiale de productivisme de M****, révoltée contre l’absence de prise de conscience de nos gouvernements, contre les gens qui n’ont aucune conscience de tout ça… Et désespérée, de devoir imaginer que le monde peut s’arrêter alors que ce n’est pas imaginable. Résignée, car ce n’est pas moi toute seule qui vais aller éteindre le feu, et que la vie doit continuer… Je me sens amer, je prévois ma rentrée et celles des gnomes en me disant “à quoi bon, on va tous crever dans pas longtemps”.... L’échéance des survivalistes étaient en 2040, maintenant on parle de 2022… genre demain. Et demain, j’ai encore envie de partager pleins de choses avec les gens que j’aime.


Depuis quelques jours, je me vois errer comme une âme en peine… j’essaye de m’occuper, “tiens je vais repeindre le couloir de toutes façons j’ai déjà la peinture”, je bouge, je médite, et j’ai cette boule au fond de mon bide qui ne part pas. A quoi bon faire de la foutue déco si on doit crever demain?


Mon gosse revient en pleurant car il s’est fait emmerder par un abruti, j’ai mal pour lui, on parle, on se caline, il me dit “merci maman” car il se sent apaisé. Et je me dis que je l’ai mis au monde pour qu’il ait une longue vie heureuse, pas pour qu’il oeuvre sur une trame de fin de monde, et son merci me perce le bide. Et ma fille qui me regarde avec ses immenses yeux bleus, en mode “maman, encore un calin”, et j’ai envie de lui faire des calins éternels, sans qu’il y ait une date de péremption “alerte fin du monde, les calins c’est fini, vous allez être pulvérisé dans une tornade / un manque d’oxygène / une canicule à 67 °C / la fin du pétrole / ….. Alors on me dit que la planète ascensionne, qu’il ne restera que les “bons”, que ce nettoyage est normal, que c’est la 6ème grande instinction de masse… Non mais sérieux? C’est censé me rassurer? Genre si mon frère Jacob n’est pas un bon, j’ai le droit de l’aimer quand même et de ne pas souhaiter qu’il soit exterminé? C’est un processus proche de l’Aryennisme ou bien? Maintenant y a un filtre? “Toi tu es bon tu restes, toi tu as un karma de merde tu vas te faire cramer?”


Y a un truc dans mon cerveau qui ne se fait pas, une partie de moi qui aimerait être dans le déni, une autre qui s’agace en voyant des articles tel que “netflix contribue à trop d’émission de Co2, mon dieu s’est horrible”, à coté de “les centrales nucléaires en france ne sont pas entretenus et risquent d’exploser”, à coté de “l’amazonie brule, plus de retour en arrière possible”... Et en face, des photos de vacances, des bébés en chemin sur cette terre, des trucs spirituels qui éveillent avec une équanimité incroyable, des amis qui s’en foutent… Y a que moi que ça perturbe? La vie continue… ça fait 1 semaine qu’on mange des sandwichs car finalement j’ai pas le goût de cuisiner (alerte carbone, c’est maaal). J’écoute de la bonne musique déprimante au cas où il n’y en ait pas au paradis ou en enfer. J’essaye de trouver du sens en repeignant mon couloir. Je prépare ma rentrée. Je m’occupe de mes animaux. Je fais des calins d’une plombe en sentant l’odeur de mes têtes blondes. J’ai 10 000 trucs à faire mais je suis bloquée par cette impression de “ca sert à rien”, et pourtant fin du monde ou pas il va bien falloir remplir le compte en banque.


J’essaye de profiter, du bonheur d’avoir l’électricité, que la température soit à 25°C, des échanges fructueux, de la nouvelle lune qui va être pleine de magie, de Schumann qui va encore péter des scores et nous rendre anxieux, et je me demande comment les autres continuent leur vie… est ce que des voies s’ouvrent? Est ce que les consciences changent? Est ce que les gens flippent?


Je ne sais pas… en attendant “La vie continue….”


Carpe diem.




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